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Dans Alep encerclée, « tout le monde a peur »

Dans Alep encerclée, "tout le monde a peur"

De nombreux habitants entrevoient le pire pour leur ville, quasiment encerclée par les forces du régime syrien.

Mgr Georges Abou Khazen, OFM, vicaire apostolique d’Alep, était attendu en Italie le 1er mars pour participer au Carême dans une paroisse du diocèse d’Imola (région ecclésiastique d’Émilie-Romagne), puis pour donner une conférence de presse à Rome. Hier, samedi 27 février, il a fait parvenir un message à Ora pro Siria pour prévenir qu’il lui était pratiquement impossible de quitter Alep, ville coupée du monde et sans ravitaillement pour survivre. Voici le texte court mais poignant de son message traduit par nos soins.

Il n’y a actuellement aucune route pour sortir d’Alep qui soit praticable. Quelques villages le long de l’unique route qui mène d’Alep au sud ont été libérés par l’armée syrienne, mais d’autres sont toujours entre les mains des rebelles.

Alep est privé de ravitaillement ce qui veut dire que nous ne pouvons pas recevoir de nourriture et d’aide en particulier le gas-oil ce qui nous empêche de faire fonctionner les générateurs… Impossible de se chauffer ou de puiser de l’eau dans les puits que nous avons creusés comme alternative à la coupure d’eau à laquelle nous soumettent les rebelles depuis des mois. Nous n’avons aucune énergie électrique et nous restons dans le noir.

Veuillez, je vous prie, annuler mes rendez-vous, pardonnez-moi et priez pour nous ! Votre prière est très importante pour nous ! Nous savons que nous ne sommes pas oubliés !

Merci de votre solidarité et de tout ce que faites pour nous. Au revoir quand Dieu le voudra !

« Qu’adviendra-t-il quand il n’y aura plus rien à manger? On mourra de faim »: comme de nombreux habitants d’Alep, Abou Mohammad entrevoit le pire pour sa ville, quasiment encerclée par les forces du régime syrien.
« Ici, tout le monde a peur du siège. Nous sentons qu’il approche, inéluctablement », témoigne ce marchand ambulant de 42 ans du quartier de Ferdous, dans le sud-est.

Ce sentiment est partagé dans toute la partie d’Alep contrôlée par les rebelles depuis que l’armée, appuyée par d’intenses frappes russes, est parvenue au début du mois à couper la principale route d’approvisionnement qui la reliait à la Turquie.

L’impact s’est fait rapidement sentir: les échoppes se sont vidées de marchandises, les prix flambent et la peur des pénuries s’installe parmi les quelque 300.000 habitants pratiquement coincés.
« J’ai en réserve de la farine, du riz, du sucre et de l’huile qui suffira à ma famille trois mois tout au plus », s’inquiète Abou Omar, père de trois enfants dans le quartier de Kallassé.
« Les matières premières commencent à s’amenuiser, beaucoup de magasins ont fermé et les prix ont doublé », dit-il. Ainsi, « le prix du litre de mazout est passé de 180 livres syriennes (45 cents) à 300 livres (75 cents). On ne l’utilise plus pour le chauffer alors qu’on grelotte ces jours-ci ». [Lire la suite…]

 

© Crédits Photos & Source : lorientlejour.com / Christianophobie.fr


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