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Une église pentecôtiste pour gays en plein boom au Brésil.

Une église pentecôtiste pour gays en plein boom au Brésil.

RIO DE JANEIRO, 03 mai 2013 (AFP) – Comme dans tout culte évangélique brésilien, les fidèles chantent en frappant des mains, sautent, se déhanchent au son rythmé des chansons gospel, entraînés par une chorale sur l’estrade, mais dans cette église singulière, ils sont tous gays, lesbiennes ou transsexuels.

Comme dans tout culte évangélique brésilien, les fidèles chantent en frappant des mains, sautent, se déhanchent au son rythmé des chansons gospel, entraînés par une chorale sur l’estrade, mais dans cette église singulière, ils sont tous gays, lesbiennes ou transsexuels.

L’Eglise Chrétienne Contemporaine, située dans le quartier populaire de Madureira, en grande banlieue de Rio, est bondée en ce mercredi soir férié du 1er mai.

Sous la devise « J’apporte l’amour de Dieu à tous, sans préjugés », cette église pentecôtiste est entrée sur le marché concurrentiel de la foi évangélique en proposant une postulat rare: l’acceptation totale de l’homosexualité.

Autour de l’enceinte, quelques agents de sécurité montent la garde. « Ce n’est pas parce que nous sommes dans une banlieue dangereuse, mais c’est à cause de la proximité de l’Assemblée de Dieu, qui comme la plupart des églises néo pentecôtistes sont très homophobes », explique à l’AFP le pasteur Marcos Gladstone.

« Jusqu’à présent, ils se sont contentés de clamer haut et fort : +C’est l’église du diable!+ en passant devant », ajoute cet avocat de 37 ans qui a fondé l’Eglise Contemporaine il y a six ans avec son compagnon Fabio Inacio de Souza, 33 ans.

Les meurtres d’homosexuels et de transsexuels ont augmenté de 26% au Brésil en 2012 par rapport à 2011, avec 336 victimes, soit une toutes les 26 heures, selon le Groupe Gay de Bahia (GGB). En dépit de ces données alarmantes, le projet de loi de pénalisation de l’homophobie fait face à la résistance des groupes évangéliques et catholiques et dort depuis des années dans un tiroir au Parlement.

Mariés depuis 2009, les pasteurs Fabio et Marcos ont adopté Davison, 10 ans, et Felipe, 9 ans, en 2010. Les deux garçons jouent à cache-cache dans le temple en attendant le début du culte.

« Pendant le culte, nous donnons aussi des renseignements sur le mariage gay, autorisé dans certains Etats du Brésil comme Sao Paulo », souligne Marcos.

Ouvrir des temples à Sao Paulo et dans le monde

L’Eglise contemporaine, qui vit des dons de ses fidèles, compte huit établissements actuellement, six à Rio, un à Belo Horizonte et un à Sao Paulo inauguré le week-end dernier.

On est encore loin de L’Eglise Universelle du Royaume de Dieu (EURD), fondée il y a 30 ans par Emir Macedo, qui revendique plus de six millions de fidèles dans une cinquantaine de pays, dont la moitié au Brésil. L’église des gays ne compte que 1.800 fidèles, mais Fabio et Marcos veulent ouvrir au moins douze temples à Sao Paulo et d’autres à l’étranger.

« On nous contacte de l’étranger par internet », assure le pasteur Fabio.

Le nombre d’évangéliques pentecôtistes ne cesse de progresser au Brésil, considéré comme le plus grand pays catholique du monde. Ils sont passés de 26,2 millions en 2000 (15,4% de la population) à 42,3 millions en 2010 (22,2%). En revanche, le nombre de catholiques diminue. Dans les années 70, ils étaient 92% de la population contre 64,4% aujourd’hui, ce qui représente néanmoins 123 millions de personnes, selon des chiffres officiels.

Ne plus vivre caché

Le pasteur Fabio, 33 ans, ex-employé de banque, a fréquenté l’Eglise Universelle du royaume de Dieu (EURD) pendant quatre ans.

« Je devais vivre caché. Ils disent que nous avons le démon en nous et tentent de nous +libérer+, de nous +soigner+, une guérison qui ne vient pas », explique Fabio. « Notre histoire est celle de beaucoup ici, sans vie, sans espoir, où tout semble perdu en raison de ton orientation sexuelle. Mais une visite dans cette église te montre que tu n’es pas seul », ajoute-t-il.

Patricia Lucia Regina Soares Carrilho, 47 ans, opératrice en télémarketing, confirme.

« A l’époque où je suis venue ici, je voulais me suicider, je me droguais depuis 22 ans. Aujourd’hui, je me suis débarrassée des drogues. J’avais une relation compliquée avec ma compagne Bel et maintenant tout va bien », raconte-t-elle.

En « remerciement à Jésus », elle a ouvert dans la favela où elle se droguait un projet social avec 40 enfants et 24 personnes âgées. C’est là qu’elle a connu la mère de sa fille Ana Beatriz. « Elle avait dix mois quand nous l’avons adoptée, elle en a cinq maintenant. Elle continue à voir sa mère biologique. Elle le vit très bien, elle dit qu’elle a trois mamans », confie-t-elle.
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© Crédits Photos & Sources : infos24.elyon.fr / tahiti-infos.com


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