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Le patron de la Nasa prédit un impact d’astéroïde au cours de notre existence

« Nous devons nous assurer que les gens comprennent qu’il ne s’agit pas d’Hollywood, ni de films », prévient Jim Bridenstine

Alors que la sixième Conférence internationale de défense planétaire se tient sur le campus de l’université du Maryland à College Park, le patron de la Nasa, Jim Bridenstine, a estimé que la Terre devrait connaître un impact d’astéroïdes d’ici soixante ans. « Ces événements ne sont pas rares, ils se produisent », a-t-il dit, rapporte News Republic.

« Nous devons nous assurer que les gens comprennent qu’il ne s’agit pas d’Hollywood, ni de films. Il s’agit en fin de compte de protéger la seule planète que nous connaissons, pour acccueillir la vie, et la planète Terre » a-t-il déclaré.

L’idée que la Terre doive se défendre contre un astéroïde se heurtait autrefois à ce que les experts appellent le « facteur gloussement ». Mais, le 15 février 2013, un météore a contribué à mettre fin aux ricanements. Ce jour-là, un astéroïde de 20 mètres est apparu de nulle part et a explosé en entrant dans l’atmosphère, 23 kilomètres au-dessus de la ville russe de Tcheliabinsk. Les habitants ont ressenti la chaleur de l’explosion à 60 km à la ronde. Les vitres de milliers de bâtiments ont explosé. Un millier de personnes ont été blessées par des éclats.

« L’aspect positif de Tcheliabinsk est qu’il a déclenché une prise de conscience du grand public et des décideurs publics », dit à l’AFP Detlef Koschny, co-directeur du bureau de défense planétaire de l’Agence spatiale européenne (ESA), représentée par une dizaine de personnes à la conférence.
La situation est la suivante: un astéroïde mesurant entre 100 et 300 mètres de diamètre a été détecté à 50 millions de kilomètres le 29 mars 2019. Problème, il se dirige droit sur nous à la vitesse vertigineuse de 50.000 km/h. Sa trajectoire laisse craindre une possible collision en 2027. Le risque d’impact est encore faible, environ 1%, mais le danger, lui, est immense: la collision pourrait générer une énergie colossale d’un milliard de tonnes équivalent TNT, soit près de 70.000 fois la puissance de la bombe de Hiroshima. C’est deux fois plus que l’intégralité des essais nucléaires réalisés dans le monde à ce jour. Pour se donner un ordre d’idée, si un tel objet tombait sur Paris, c’est au minimum toute l’Ile-de-France qui serait instantanément anéantie. Les conséquences d’un tel événement seraient évidemment mondiales. L’heure est donc grave. Peut-on faire quelque chose pour éviter la catastrophe?

Détection de la menace et réaction

Mais l’analyse de la NASA ne vaut que pour les corps spatiaux déjà catalogués. Selon une enquête de Sciences & Vie, reprenant des chiffres de la NASA, seuls 30 % des corps de plus de 140 mètres, ceux capables de rayer une ville de la carte, sont référencés, selon les estimations de l’agence spatiale américaine. Sous les 30 mètres, seuls 2 % des astéroïdes sont connus.

Au sein des professionnels, l’inquiétude de Jim Bridenstine est partagée. Lindley Johnson, qui officie en tant que responsable du programme de surveillance des astéroïdes de la NASA, a déclaré à nos confrères que « nous pourrions avoir à faire face à un impact significatif avec pas, ou peu de temps pour réagir ». Même son de cloche chez Patrick Michel, astrophysicien au CNRS.

« C’est peu probable, mais ça va forcément arriver un jour. On ne sait juste pas quand ».

Reste à savoir ce que l’on entend par impact significatif : est-ce une menace pour une ville, pour une région, pour un pays ? Voire pour toute l’humanité ? Il existe d’ailleurs à ce sujet une échelle qui permet de caractériser si un corps spatial constitue ou non un risque existentiel pour le genre humain : il s’agit de l’échelle de Turin, qui compte dix niveaux. Pour l’heure, aucun corps n’a été évalué comme dangereux.

Au-delà de savoir si une collision surviendra au cours de notre temps et de se demander quelle forme un tel évènement prendra s’il survient (est-ce que ce sera vraiment un impact au sol ou une désintégration dans l’atmosphère, suffisante toutefois pour produire une onde de choc dévastatrice ?), l’essentiel est de savoir si l’humanité serait prête à endurer le choc et si des réponses sont envisageables

C’est pour cela que des exercices sont menés régulièrement, entre les agences spatiales mais aussi en impliquant parfois les autorités chargées du maintien de l’ordre et des situations de crise. La tenue même d’une conférence sur la défense planétaire illustre bien la prise de conscience qu’il y a à anticiper le plutôt possible toute menace spatiale, d’en évaluer la dangerosité et de s’y préparer le cas échéant.

Outre la détection le plus tôt possible et le calcul le plus précis des trajectoires, il existe divers scénarios de riposte pour détruire ou dévier la menace : cela va de la volée de missiles nucléaires à l’envoi d’un impacteur (c’est le programme Dart), en passant par des projets plus ou moins avancés, incluant attraction universelle pour le dévier et foreuse pour le vaporiser.

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