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La « Troisième Guerre mondiale » a commencé selon des médias russes

Vladimir Poutine

La première chaîne d’État annonce que les batteries antiaériennes russes en Syrie vont « abattre » les avions américains.

La Russie se prépare à la « Troisième guerre mondiale ». C’est ce que laissent entendre certains médias du pays depuis quelques jours. Sur la première chaîne d’État, c’est le présentateur de l’émission phare du dimanche soir qui annonce que les batteries antiaériennes russes en Syrie vont « abattre » les avions américains. Sur la chaîne d’informations en continu Rossiya 24, c’est un reportage sur la préparation des abris antinucléaires à Moscou.

D’autres médias ont également évoqué un état de guerre à venir. Le site d’informations Fontanka avance ainsi que le gouverneur de Saint-Pétersbourg veut rationner le pain pour une future guerre malgré les explications des autorités qui affirment vouloir simplement stabiliser le prix de la farine. Les exercices de « défense civile » sont discutés à la radio et des graffitis pro-Poutine tapissent désormais les immeubles comme cet ours, symbole de la Russie, distribuant des gilets pare-balles à des colombes de la paix.

Réunion décisive à Lausanne

L’échec des négociations d’un cessez-le-feu en Syrie entre les États-Unis et la Russie a participé à cet emballement sur l’imminence d’une « Troisième guerre mondiale ». Les bombes russes et syriennes sur Alep ont ensuite transformé la ville en « enfer sur Terre » selon les termes de l’ONU.

Une réunion internationale sur la Syrie est programmée samedi à Lausanne en Suisse, en présence de John Kerry, le secrétaire d’État américain, et Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe. Alors que le monde flirte « dangereusement avec la zone rouge » selon l’expression employée par Mikhaïl Gorbatchev, dernier président soviétique, dans une interview à Ria Novosti, cette rencontre de Lausanne apparaît décisive.

Les délires des médias russes sur une 3e  guerre mondiale

Selon un article publié jeudi par la très officielle agence de presse RIA Novosti, «les États-Unis préparent un nouveau plan Barbarossa» d’invasion de la Russie. Comme Hitler, il y a soixante-quinze ans. L’unique source de RIA Novosti? Un imaginaire «conseiller principal du Pentagone», sorti des tréfonds d’Internet, affirmant que le conflit tant attendu entre l’Otan et Moscou se soldera en «dix à vingt jours» au profit de Washington. Et ceci pour une raison simple: le budget militaire de l’Alliance «est dix fois supérieur à celui de la Russie».

Pendant des années, Washington a prétexté la « menace iranienne » pour déployer son fameux système anti-missile en Europe de l’Est. Ensuite, la réhabilitation de Téhéran l’a contraint à changer de fable et le coup d’État fomenté en Ukraine a finalement permis de désigner la véritable cible de tout le dispositif : la Russie. Les ficelles de l’affaire sont énormes et tout cela est fort bien documenté (1) même si les «médias» occidentaux, propriétés de milliardaires apatrides affiliés au Parti de la guerre atlantiste, ont déversé leur propagande pour désigner le responsable de tous nos maux, le super-méchant Poutine donc. Mais la réalité, aujourd’hui, est que les Etats-Unis menacent la Russie depuis le territoire européen avec des missiles désormais opérationnels et capables d’une attaque nucléaire de première frappe. Dans une vidéo saisissante (2), Vladimir Poutine lance donc un appel presque désespéré à une brochette de «journalistes» internationaux en leur disant en substance : « Mais arrêtez de mentir, dites la vérité à vos peuples sur le danger imminent qui nous menace tous !»

Lors d’une récente discussion avec des représentants de divers médias, Vladimir Poutine a donc lancé cet appel inédit. Le chef de l’Etat commence ainsi par balayer l’argument-bidon de la menace iranienne désormais éventé. Puis en quelques phrases il détaille la menace que les Etats-Unis font peser sur le monde en déployant leur fameux bouclier anti-missiles en Europe, un système présenté comme défensif mais en réalité parfaitement offensif et pointé contre la Russie.

«Leur système est désormais opérationnel et leurs missiles ont une portée de 500 km, dit-il. Les missiles de nouvelle génération atteindront bientôt une portée de 1000 km, puis davantage encore et, à partir de ce moment-là, ils menaceront directement la Russie et son potentiel de dissuasion nucléaire.»

Faisant référence au prétexte iranien et probablement aussi à la campagne de diabolisation de la Russie, il enchaîne:

«C’est à vous qu’ils racontent ces balivernes et vous les répercutez auprès de vos populations. Et ce qui me préoccupe tant est qu’elles ne peuvent plus alors sentir l’imminence du danger. Comment pouvez-vous ne pas comprendre que le monde est en train d’être poussé dans une direction irréversible, alors qu’ils [les USA] prétendent que rien ne se passe. Je ne sais plus quoi faire pour vous convaincre [vous réveiller] (Ses mots exacts sont: «I don’t know how to get through you anymore»).

L’Europe, garnison de l’Empire

«Je ne sais plus quoi faire pour vous convaincre.» Le ton est proche de la supplique, et donne un caractère presque désespéré à cette affirmation présidentielle d’un danger de guerre nucléaire. Comme si la chose était embarquée de telle manière que, face à l’aveuglement organisé des peuples par la propagande journalistique occidentale, vraiment, il n’y avait plus rien d’autre à faire que de finalement se résoudre à voir les choses aller à leur funeste terme, et se préparer à agir en conséquence, c’est-à-dire à la guerre, éventuellement nucléaire.
Il est d’ailleurs très intéressant de rapprocher cet extrait vidéo d’un autre, publié en 2013, et qui montre un Poutine cette fois hilare, et pourtant expliquant grosso modo la même chose à un journaliste allemand effaré (3). Le changement de ton, d’ambiance, d’atmosphère pour un même propos témoigne à lui seul de la tournure dramatique prise par les évènements.
Il est vrai qu’en observant la lente montée en puissance du bellicisme étasunien vis-à-vis de la Russie – conforté par le suivisme criminel d’une Europe-zombie –, l’impression générale est en effet celle d’une mécanique folle qui se déploie hors de tout contrôle ou même influence de la raison.
Une architecture mortifère dont l’axe central s’appelle OTAN. Or avec la fin de la guerre froide, l’OTAN aurait logiquement dû être dissoute à l’instar du Pacte de Varsovie. Au lieu de cela, les USA ont accéléré comme jamais l’élargissement européen de cette Organisation dont ils contrôlent absolument toutes les structures et les missions. Au point que l’OTAN a désormais incorporé 22 des 28 pays membres de l’UE (4), et est en train de se substituer de facto au projet de Défense commune d’un Continent stratégiquement réduit à la fonction de garnison de l’Empire US.
Avec la complicité d’une élite européenne corrompue et/ou aveugle, les USA ont ainsi creusé des tranchées dans toute l’Europe de l’Est, y ont fomenté une guerre, déployé des troupes, du matériel lourd et surtout des lance-missiles capables de frapper à tout instant la Russie avec des ogives nucléaires.

Pour une Europe indépendante débarrassée de l’OTAN

Lisant entre les lignes la déclaration de Poutine, on peut aussi s’aventurer à formuler son appel autrement. Ainsi, lorsqu’il dit: «Comment pouvez-vous ne pas comprendre que le monde est en train d’être poussé dans une direction irréversible», il aurait tout aussi bien pu dire: «Face à la menace grandissante d’une attaque nucléaire de première frappe contre mon pays (5), que voulez-vous que je fasse à part décider un jour de prendre l’initiative et de vaporiser les installations US?»
Et n’est-ce pas exactement ce que cherchent les USA? Pousser Poutine à agir le premier pour se dédouaner ensuite d’une horreur qu’ils auront minutieusement planifiée?
Toutes ces dernières années toutefois, nous avons constaté que dans les relations internationales, la raison avait été du côté russe et le bellicisme hystérique comme le mépris de la vie du côté US et de leurs zélateurs-zombies. Ce qui nous laisse relativement confiants quant à la retenue russe dans cette affaire.
Il n’en reste pas moins qu’il est urgent de sortir du piège étasunien et de favoriser, partout où la démocratie l’autorise encore, des partis ou des politiciens favorables à une Europe indépendante débarrassée de l’OTAN et de la tutelle des Etats-Unis, devenus aujourd’hui principale menace contre la paix mondiale.

La Russie ordonne tous ses fonctionnaires vivant à l’étranger de rentrer à la maison sur peur d’une guerre mondiale.

La Russie ordonne tous ces fonctionnaires vivant à l’étranger de rentrer à la maison alors que les tensions accrues sur la perspective d’une guerre mondiale. Les politiciens et les personnalités de haut rang auraient reçu un avertissement du président Vladimir Poutine pour ramener leurs proches à la «mère patrie», selon les médias locaux.

Cela vient après que Poutine a annulé une visite prévue en France parce que la France était furieuse du rôle de Moscou dans le conflit syrien. L’ancien dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev a également averti que le monde se trouve à un «point dangereux» en raison de la montée des tensions entre la Russie et les Etats-Unis.

Selon le Daily Star, le personnel de l’administration, les administrateurs régionaux, les législateurs de tous les niveaux et les employés des entreprises publiques ont reçu l’ordre de retirer leurs enfants des écoles étrangères immédiatement.

La raison exacte de l’ordre n’est pas encoreclaires.

Mais l’analyste politique russe Stanislav Belkovski est cité par le Daily Star en disant: «Cela fait partie du paquet de mesures visant à préparer les élites dans une certaine« grande guerre ».

Les relations entre la Russie et les États-Unis sont à leur plus bas depuis la guerre froide et se sont détériorées au cours des derniers jours après que Washington a tiré le bouchon sur les négociations en Syrie et a accusé la Russie d’attaques de piratage.

 


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