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Dans les Vosges Trois églises infestées de milliers de mouches, l’énigme reste entière

Dans la région d’Epinal en Lorraine, trois églises sont envahies, depuis dix jours, par des troupeaux de mouches. Et ce sont les seuls édifices touchés dans ces communes…
Les mouches ont envahi les églises, créant des nuisances telles que les messes doivent être déplacées.

D’habitude, à l’automne, ce sont les feuilles mortes qui se ramassent à la pelle. Mais depuis début septembre, ce sont plutôt les mouches mortes. Et pour cause, plusieurs églises doivent faire face à un phénomène massif de diptères (morts ou pas), par milliers, dans leurs enceintes. Telles les communes de Deyvillers, Bayecourt, puis Pierrepont-sur-l’Arentèle et Tantimont…

Un phénomène étrange qui suscite bien des interrogations. Et qui a contraint les communes, à qui la charge de l’entretien de ces lieux de culte incombe, à s’armer d’huile de coude… et d’insecticide. Car se débarrasser de ces petits insectes, qui ont tendance à revenir, n’est pas toujours aisé. Quant aux messes prévues dans ces endroits, elles ont dû être déplacées, comme à Pierrepont, où l’office aura finalement lieu à Rambervillers. Avec la bénédiction de l’évêché. Interrogé sur cette question, Louis-Michel Nageleisen, expert référent national « entomologie forestière et dépérissement » n’a pas d’explication précise sur ces essaimages massifs et ces rassemblements dans certains bâtiments.

Toujours pas d’explication. Ce n’est pas une, mais trois églises qui sont désormais infestées de mouches dans les Vosges. Ainsi que le raconte France Bleu Lorraine, ces édifices religieux de la région d’Epinal sont les seuls bâtiments envahis de leurs communes… D’où le mystère !

Que se passe-t-il donc, depuis dix jours, à Deyvillers, Bayecourt et Pierrepont-sur-l’Arentèle où des milliers de mouches, vivantes ou mortes, s’entassent dans les églises ? Entre une moindre fréquentation, des températures élevées et de l’eau à proximité, plusieurs raisons sont évoquées. Mais pourquoi seulement dans les églises ? Cela ressemble à un début, des plaies de l’Egypte comme dans les écritures.

Mystère dans les Vosges : des dizaines de milliers de mouches envahissent trois églises
Mystère dans les Vosges : des dizaines de milliers de mouches envahissent trois églises

 

 

« Une espèce de glue collante »

« Impossible de marcher sans en écraser, » déplore le maire de la commune Gilbert Huguenin. « Et quand il n’y a pas de bruit, on entend très bien, comme un essaim ! »
Les insectes morts se sont glissés partout. Du sol au plafond, de la nef à l’hôtel et même dans les vitraux !
On fait attention où on marche, sinon, ça fait une espèce de glue collante – Le maire de la commune.

Les communes obligées de s’organiser

En attendant, à l’image de Deyvillers où l’église a fermé et les offices religieux ont été déménagés, la commune de Bayecourt a pour sa part déployé un arsenal notamment constitué d’encens et de spray pour tenter d’en venir à bout.

« On a pensé qu’il y avait des bêtes crevées, alors on a tout nettoyé à fond, termine la responsable de l’église du village, Marie-Paule Renaud auprès de nos confrères. Les trous de souris ont été bouchés. Vraiment, je ne vois pas d’explication. » Mystère, mystère…

Six litres de mouches ramassées

Il est impossible d’avoir le compte exact. Il y en a tellement, que le maire préfère compter en nombre de sacs d’aspirateurs : « On a ramassé jusqu’à six litres de mouches en une semaine ! » Pour Serge, conseiller municipal, c’est une première : « je n’ai jamais vu ça dans ma vie. On ne savait pas trop de quoi ça venait et puis on ne sait toujours pas ! J’habite juste à côté, et il n’y a pas eu ce rassemblement de mouches près de chez moi ! »

 

Spray anti-mouche et encensoir

Pour s’en débarrasser, les services municipaux ont sorti les grands moyens. Deux armes trônent devant l’hôtel : un spray anti-mouches et un encensoir. Marie-Paule Renaud s’explique : « avant il y avait moins de mouches parce qu’il y avait la messe tous les dimanches et donc il y avait de l’encens. Mais là, on en a plus qu’une tous les trimestres. Normalement, les mouches n’aiment pas ça. Mais on en a remis et là, ça n’a pas l’air très efficace. »

Un cadavre à l’air libre ?

Mais non, il s’agit bien de mouches, et les spécialistes de la question se font rares en France. A l’université de Lorraine, Dominique Chartard est maître de conférence en zoologie. Selon lui, les diptères (mouches) sont effectivement capables de se reproduire très vite, mais seulement dans des conditions favorables. « Des épisodes d’infestation, ce n’est pas surprenant. Avec des températures élevées, une hydrométrie favorable et surtout de la matière organique pour l’alimentation des asticots. En revanche, ce qui est beaucoup plus surprenant, c’est que ce soit limité à des églises. »

« Si on veut identifier la cause du problème, il faut identifier l’espèce de la mouche, le type de larve et donc le milieu dans lequel elle se développe. Dans l’eau, sur des cadavres ou bien des excréments. » Après vérification, il y a bien ces trois hypothèses autour de l’église. La rivière du Durbion coule juste derrière et le cimetière trône à l’entrée. Mais aucune des trois n’a pu être confirmée. Le mystère est, pour le moment, non élucidé.

 


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